Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'Australie en images. Pas seulement en voyage, là où je vis aussi.

Publicité

My name is James...

Il se présenta: "je m'appelle James"
On lui fit remarquer que ce n'était pas très français comme nom, mais il nous expliqua que pendant la guerre, son père s'était lié d'amitié avec un soldat américain nommé ainsi. Malheureusemant il avait été tué et son père avait décidé de donner ce prénom à son premier fils en sa mémoire. 
Comme nom de famille il nous annonça "Marshall". Je n'allais pas encore lui dire que ça ne sonnait pas très français non plus. En tout cas son accent était très parisien, et il avait étudié à l'école hotellière de la rue de Vaugirard. Il n'avait pas fini son diplome, mais il en savait bien assez pour travailler chez nous. 
Au royaume des aveugles...
Très vite nous avons formé une bonne équipe. Ce qu'il y a de bien, c'est que nous avons toujours travaillé en nous amusant. Bien sûr, c'était parfois dur, sous pression, et on s'engueulait quand tout ne tournait pas rond. Mais on aimait faire ça. C'est le genre de travail qu'on ne peut absolument pas faire si on n'aime pas.
On déposait les enfants à l'école, (à la garderie pour le petit dernier), on faisait les courses, on arrivait à la French Kitchen pour faire la mise en place. Après le service de midi on fermait (vers 14 ou 15 heures), on récupérait la petite famille et rentrait à la maison.
Le restaurant rouvrait à 18 heures. On laissait donc le diner sur la table, la baby sitter arrivait, et nous repartions au boulot.
Pauvre baby-sitter! L'ainé pensait qu'il n'en avait pas besoin et lui en faisait voir de toutes les couleurs. Mais on ne pouvait pas lui laisser la responsabilité du petit dernier. Ma fille entre les 2 restait zen...
Comme nous nous sentions un peu coupables de les laisser tous les soirs, nous essayions de leur laisser un bon diner. 
Un soir où nous étions particulièrement pressés, Pierre nous demanda: "qu'est-ce qu'on mange?"
"Le diner est sur la table..." lui repondit Camille.
Il jeta un coup d'œil et fit cette remarque que nous ne lui pardonnerons jamais:
"Quoi? encore du saumon fumé!"

Notre repas était beaucoup plus tard, après le service. De ce fait on ne se couchait jamais de bonne heure. Ce n'est qu'au bout de 2 ou 3 ans qu'on s'est mis à diner avant le service, vers 17 heures 30, ce qui nous permettait d'avoir le repas avec les enfants au restaurant. Ensuite l'un de nous les raccompaganit à la maison pendant que l'autre commençait le service. 
Mais revenons au début. Cela faisait un an environ que James avait rejoint notre équipe. Il était devenu 2ème en charge de la cuisine, il avait une petite amie australienne très sympathique et la seule fois où il ne s'était pas présenté au travail à l'heure, il avait une bonne excuse: il était tombé de sa moto et s'était retrouvé à l'hopital. C'était sans gravité heureusement, mais il avait été très choqué. En fait le choc avait une autre cause. Un soir alors que nous avions fini de diner et que nous bavardions pour décompresser du travail, il nous dit:"Je dois vous avouer quelque chose..."
Ce qu'il nous declara alors nous fit tomber de notre chaise. Nous étions attérés, nous ne savions plus quoi répondre.
"Je suis arrivé en Australie avec un visa touriste, je devais repartir au bout de 6 mois: je suis un illegal migrant"
Le silence qui suivit fut long et pesant.
Finalement on lui dit qu'il n'y avait qu'une solution: il devait repartir volontairement et qu'ensuite on pourrait lui servir de sponsor pour qu'il revienne en toute légalité. On se passerait de lui pendant 2 ou 3 mois...
 
James.jpg

En fait il fallut près d'un an avant qu'il n'obtienne le fameux visa permanent, grace aussi au soutien de sa petite amie. Et après tout cela, il ne l'épousa même pas, il en épousa une autre, une de nos serveuses, très sexy, et le mariage dura moins d'un an!
A dater de ce jour je fus très strict au moment d'embaucher quelqu'un de nouveau. Un jour un asiatique se présenta pour le poste de plongeur. Je ne pourrais pas dire son nom, c'était imprononçable. Il demanda:"est-ce que je serai déclaré?". A ma réponse affirmative, il déclara:"Alors mon nom c'est..." et là un nom différent, tout aussi imprononçable. Il n'eut pas le job

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article