L'Australie en images. Pas seulement en voyage, là où je vis aussi.
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Le lendemain avec ma section je redescends à Salonique où nous devons décharger du matériel
qui nous est destiné. Nous quittons Salonique le 14 dans la nuit pour arriver à Stroumitza station le 15 au matin. Là je vois les premiers soldats Serbes tous déguenillés et très vieux. Là je
mange des petites saucisses. La Cie laisse une section les 3 autres reviennent à Guevgueli, où nous arrivons le 16 à 13 heures. On nous loge dans une ancienne caserne sur de la paille. Nous ne
sommes pas mal. Il y a encore pas mal de civils dans cette petite ville. Les femmes sont habillées à l'européenne, il y en a même qui sont assez bien.
Nous mangeons bien, beaucoup de légumes, vu que les champs sont abandonné et nous en profitons. Le 18 je prends
la garde à la gare. Le chef de gare a 2 filles épatantes et d'un grand chic. Nous travaillons sur la route où par endroits nous avons de l'eau jusqu'à la ceinture.
A partir du 20 arrivent des réfugiés des villages que nous faisons évacuer. C'est vraiment lamentable de voir ces convois, les femmes et les enfants se trainant, le
bétail restant en route et sans propriétaire. C'est un spectacle indescriptible.
Nous quittons Guevguevili le 22 dans la nuit pour regagner Stroumitza station. Nous touchons du pain serbe qui est bien loin de rivaliser avec le notre. Nous sommes
employés à des travaux de route et surtout à la surveillance de civils qui travaillent pour nous.
La vie s'écoule douce et pas mouvementée. Pourtant l'ennemi avance et devant le nombre nous devons nous replier. Notre situation à la station de Stroumitza est alarmante
car l'ennemi est disposé en fer à cheval autour de nous et menace de nous emprisonner. Nous commençons la retraite dans la nuit du 8 au 9 décembre.
Ma section a pour consigne de protéger un convoi de mulets du quartier général. Nous quittons Stoumitza vers minuit, la route est très mauvaise et il nous faut passer
plusieurs gués avec de l'eau jusqu'à la ceinture. Nous nous enfonçons dans la montagne où nous avons pour tout chemin un tout petit sentier au milieu des broussailles. A 8 heures nous faisons une
halte pour manger un brin et nous reprenons notre course. Nous longeons presque constamment les bords du Vardar qui sont par endroits très gentils mais je n'ai pas le temps de faire comme le
lièvre.
Arrivés à Guevgueli le 9 décembre dans la soirée. Nous avons un jour de repos qui est bien gagné, je crois. Le 10 dans la nuit nous recevons l'ordre de nous porter en
petit poste dans la plaine. Le 11 à 5 heures du matin le général Baillod passe avec tous ses officiers d'at-major. Nous commençons une tranchée pour protéger un groupe de 75. Nous apercevons
la cavalerie ennemie dans la plaine. Nous sommes dans la pétarade. Le capitaine et plusieurs hommes de la Compagnie du Génie 5/65 qui étaient avec nous sont tués dans une embuscade.
Le village de Cinarli que nous devons traverser tombe entre les mains de l'ennemi et nous sommes obligés d'attendre que l'infanterie le reprenne pour continuer notre
repli.
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Je quitte Guevgueli le 12 décembre. Après mille peines, nous traversons la région d'Amatovo où les chevaux s'enfoncent jusqu'au poitrail. Nous sommes obligés
de tirer nos voitures à bras pour les sortir des marécages.
Le temps se brouille, et nous avons de l'eau. Cela rend notre marche beaucoup plus pénible; les routes sont trempées et la boue se colle aux chaussures. Enfin nous
arrivons à Topsin le 15 décembre, assez épuisés. Pendant la retraite, nous avons eu à nous plaindre du ravitaillement, et encore nous étions favorisés à coté des pauvres fantassins. Je retrouve
un bon copain d'escouade qui nous avait préparé une bonne litière et nous avait trouvé quelques œufs. Etant fatigué, je dors de suite.
Le lendemain nous avons repos. Nous recevons un gros courrier et pour ma part je reçois quelques colis qui me font bien plaisir. Dans la soirée, mon ami Goetz agent de
liaison entre la division et le commandant du Génie divisionnaire vient me trouver et me demande si je veux bien le remplacer à la division. Je ne réfléchis même pas et nous allons tous deux
trouver le capitaine, lequel ne voit aucun inconvénient à ce changement. Je pars sur-le-champ à l'état-major de la division où je loge sous un marabout en compagnie de plusieurs plantons et
automobilistes. Je suis tout heureux de mon embusque car je suis certain d'être moins exposé qu'à la compagnie.
Le lendemain matin nous changeons de logement et allons nous mettre dans une grande grange de paille, où nous sommes très bien. La vie est très tranquille, le travail
consiste à maller porter des plis dans un rayon d'1 km. Le 18 décembre, ma compagnie quitte Topsin pour Vatiluk. Le capitaine veut m'emmener mais le capitaine du 1er bureau de la division le fait
demander et après l'entrevue il est décidé que je dois rester à l'état-major. J'en suis fort aise. La vie que je mèe peut être comparée à celle d'un concierge: j'annonce tous les officiers qui
viennent et porte quelques plis. Je me fais très bien à ce nouveau genre de vie et je crois même avoir fait le groom, étant plus jeune.
Le 1er janvier 1916 on réunit tous les militaires du quartier général et il y a pas mal d'embusqués comme moi pour présenter leurs vœux aux officiers d'état-major. Dans
le vestibule se trouvent les officiers: Général Bailloud, Colonel Marty, Capitaines Labac, De Galar, Laprun, Perrin, Coste. Dans un coin une grande table garnie de plusieurs espèces d'objets,
entre autres 4 bouteilles de champagne dont 2 pleines d'eau. Le général Bailloud nous raconte une petite histoire, nous fait prendre un numéro à chacun et le tirage des lots commence. Pour ma
part j'ai quelques bonbons, de la ouate thermogène et un cache-nez. Nous nous retirons après une gentille petite cérémonie.
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Du 1er janvier au 30 avril, pour me distraire avec les autres plantons, nous travaillons dans un petit jardin qui sert de parterre et les officiers en sont très contents. Nous avions une bonne nourriture et nous pouvions acheter pas mal de choses.
Je quitte le 1er mai Topsin pour Kirec. Je marche toute la journée dans de mauvaises route qui rendent la marche
très pénible. Arrêt pour déjeuner à 2 heures de l'après-midi à Navret Hissar, village complètement détruit pendant les dernières guerres Balkaniques.
Nous nous remettons en route à 15 heures et demie. La route est toujours aussi mauvaise et je suis bien fatigué. Enfin nous arrivons à Kirec à 18 heures après avoir fait
40 kms environ dans notre journée.
Les bureaux sont installés dans le presbytère, les officiers dans l'église, et nous dans une masure possédant encore sa toiture. Il ne reste pas grand-chose de ce
village: environ 6 maisons à peu près habitables, le reste complètement en ruines. Aussi avec 2 amis je monte la guitoune et me voilà installé en plein air. C'est là que je suis le mieux. Le
terrain est beaucoup vallonné et de l'eau en abondance, mais tout de même loin de mon habitation. Malgré la forte chaleur je passe un bon séjour à Kirec quoique j'ai eu la dingue. On me pique
contre la typhoïde. Je quitte Kirec le 31 juillet pour aller à Tossilovo.
Après s'être trompé de route, le convoi traverse es villages de Dragomir (attenant au lac d'Arzan), Mihalova, côte 87 (où l'on passe une journée de repos) ensuite
Karasuli où nous faisons un repas avant de traverser le Vardar. Passage du pont, nous laissons la station de Guinendzé sur notre droite, Bohémica, Gorgop, et après 3 kms de côte nous arrivons à
Tossilovo.
Là, je suis installé avec les bureaux dans la maison du Pope, la plus belle du village. Les habitants de ce village sont propres et très travailleurs. Ils ne sont pas à
comparer avec ceux de l'autre rive du Varna. Là je mange de bonnes salades de poivrons et tomates. Par contre l'eau est fort rare et distante de près d'un kilomètre du village. Je suis arrivé à
Tossilovo le 2 août à 10 heures. Le 15 Août je suis décoré de la Croix de Guerre par le Commandant Lauth, chef d'état-major, qui nous invite après la cérémonie à prendre une coupe de champagne.
Le soir, amélioration de l'ordinaire: dinde farcie, donnée par le Général Bailloud avant son départ pour la France, vins fins et champagne pour arroser ma décoration.
Je passais mes soirées chez l'institutrice du village où avec un de mes amis nous arrivions à nous faire comprendre, plutôt par gestes que par paroles. Nous gouttons chez
ces gens-là le fameux rakia qui n'est autre que de l'eau de vie de marque mais très faible. En échange nous leur donnons de la gnole. Je profite de mon séjour dans ce patelin pour aller voir
la ville de Gumendjé qui n'est autre qu'un village dans le genre de Guyotville.
Je quitte Tossilovo le 22 aout à 6 heures. Après une vingtaine de kilomètres de mauvaise route, j'arrive en gare d'Amatovo où nous embarquons à 22 heures. Je suis perché
sur un truc sous une voiture, c'est loin d'avoir du confortable. J'arrive à Vertekop le 23 à 15 heures 30. L'installation des bureaux se fait sous les hangars attenant à l'église