L'Australie en images. Pas seulement en voyage, là où je vis aussi.
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Nous logeons dans la sacristie et les officiers sous la guitoune. Le village est moche et impossible d'y trouver quoi que ce soit. Aussi la vie est plus
mauvaise qu'à Tossilovo.
Le 30 août, le Général Baston commandant la division nous donne l'ordre de nous rendre à Katranica. Donc nous embarquons à Vertekop et le chemin de fer nous laisse à
Ostrovo. De là, par des sentiers très mauvais il nous faut rejoindre Katranika. Impossible de faire du vélo, je suis obligé de pousser ma bécane. Je fais la route d'Ostrovo à Katranica en
compagnie du capitaine Tréca, mon chef de bureau. Presque sur tout le parcours nous trouvons de la vigne qui nous procure de bons raisins. Nous arrivons à destination après 4 heures de
marche.
Le village est assez important, perché sur une colline. L'eau n'y manque pas et les habitants paraissent très propres. Nous sommes en liaison avec l'armée Serbe et nous
devons marcher avec eux. L'état-major est installé dans la mairie. Ma chambre est très bien. Mon propriétaire nous vend du lait chaud le matin. Le 6 septembre, j'attrape la dingue et suis assez
fatigué.
Je quitte Katranica le 8 septembre étant encore malade. Je me loge sur une araba et comme les sentiers sont très mauvais je fais le trajet dans de mauvaises conditions.
En route, nous sommes pris par un orage et n'ayant pas d'ordre précis, le convoi s'arrête à Udzana. Je loge chez un turc qui nous offre du lait, du café et des poulets préparés avec du blé. Le
tout était assez appétissant, mais étant fatigué, je ne goutte qu'au lait.
Le lendemain matin au petit jour, le convoi quitte Udzana pour Dorutli. Ce village est moins important que Katranica et je suis tout de même logé dans une maison assez
potable. Je me remets petit à petit de ma maladie. Je suis assez occupé par mon travail vu que j'avais tout laissé pendant ma maladie. Je quitte Dorutli le 12 septembre au soir. Les Bulgares se
retirent et il nous faut avancer. J'arrive à Konop le 13 au matin. C'est un grand village où nous ne devons passer qu'une journée. Les légumes sont nombreux aussi les bonnes soupes ne nous
manquent pas. Je mange également de bons melons et des pastèques. La route de Dorutli à Konop est accidentée. Il nous faut passer dans des ravins où les sentiers ne sont même pas tracés.
Je quitte Konop le 14 après midi et arrive à Eksisu dans la soirée. C'est un village fort important. Les habitants sont bien. Les bulgares, avant de se retirer, ont
défoncé tous les tonneaux de vin et d'eau-de-vie, aussi le devant des caves porte encore la marque des vins. Le raisin est à bon prix: on n'a que la peine de le cueillir et de le manger!
L'état-major de la 57ème division vient nous rejoindre dans la nuit. Je passe la nuit à Eksisu et pars le lendemain matin dans la direction de Flornia. Après quelques kilomètres nous nous
trouvons sur une route bombardée car les Bulgares tiennent encore Flornia, et ne pouvant aller plus loin nous nous arrêtons à Banica station.
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Dans l'après-midi, des avions bulgares viennent nous souhaiter la bienvenue. Pour cela ils emploient bombes et mitrailleuses. Heureusement pour nous il n'y a
personne de blessé. Là arrive l'ordre qu'une partie du bureau parte la nuit pour Leskovec. Je quitte Banica station à 21 heures et nous arrivons à Leskovec à 8 heures le lendemain matin. Pour
faire une dizaine de kilomètres nous avons mis toute la nuit, tant la route était mauvaise et vu surtout que notre guide était en-dessous de tout. Le village de Leskovec était petit, bien
entendu. Nous faisons vider immédiatement les plus belles maisons que nous occupons dureste. Les gens sont encore sous l'impression du passage des Serbes qui ont tout pillé et volé, disant
que les habitants de ce village étaient tous Bulgares> Du reste, de notre côté, à notre départ, nous incendions les 2 plus grandes maisons qui appartenaient à un officier bulgare. Mon
installation laisse à désirer mais vu le nombre d'habitations, je ne suis pas à plaindre.
Les poules et les légumes ne nous manquent pas. Soupes et rôtis excellents. A mon départ, j'emporte une énorme couverture en poils de
chèvre. Les Bulgares nous bombardent de temps en temps mais aucun blessé parmi nous. Le 30 septembre, les Bulgares attaquent et leur cavalerie arrive à percer nos lignes. Nous recevons l'ordre de
nous tenir prêts à brûler tous les documents et à nous replier par la montagne. Mais la cavalerie Serbe parvient à arrêter les Bulgares et ce sont eux qui sont obligés d'abandonner leur
position.
Je quitte Leskovec le 3 au soir, après une marche assez pénible, par une nuit très noire. Nous traversons les anciennes positions bulgares et nous arrivons à Urbéni dans
la matinée du 4. Le village est fort endommagé, presque toutes les maisons portent trace des obus. Dans toutes les cours on peut voir des animaux tués. Le clocher du village, où s'étaient
embusqués quelques allemands avec une mitrailleuse, a été décapité par un obus de 155. Au pied même du clocher sont enterrés 5 Allemands. J quitte Urbéni le lendemain matin pour me porter à 6 kms
en avant à Vakufkoj. Là les maisons sont intactes et les habitants n'ont pas souffert du passage des troupes.
Je suis très bien installé: ma chambre est au rez-de-chaussée et mon bureau au premier étage. Les légumes et les volailles affluent aussi nous n'en sommes pas privés.
Dans le jardin de ma propriétaire il y a des ruches, et après entente avec un de mes amis, nous décidons d'en enlever une la nuit même. Armés d'une faucille et d'une poignée de paille nous
partons en campagne. On n'avait pas oublié un énorme plat pour mettre les rayons de miel. Mais pour avoir ce produit, et étant novice dans ce métier, cela nous a coûté pas mal de piqûres. Tout de
même nous arrivons à recueillir une dizaine de kilos d'un miel excellent.
Pendant mon séjour dans ce village j'ai vu un ballon captif incendié par la foudre. Je quitte Vakufkoj le 19 à 14 heures à destination de Kravari. Je traverse
Négocani, village aux trois quarts démoli par les obus à la tombée de la nuit et je continue sur Kravari. La route est fort encombrée de camions, autos, voitures de toutes sortes. Les Bulgares se
replient et tous nos trains de combat vont et viennent avec rapidité.
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Kravari est situé dans la plaine de Monastir et le terrain est marécageux. De la boue jusqu'à mi-jambe. L'état-major est installé
dans une petite chapelle dont une moitié sert d'habitation aux officiers. Je me loge dans un abri que j'aménage avec un copain. De notre église on aperçoit Monastir et on peut à l'œil nu suivre
la marche en avant de nos troupes. Nous sommes en liaison à droite avec le 57ème D. et à gauche avec une brigade russe. Je passe 3 jours dans ce sale trou et en route pour Monastir, capitale de
la Macédoine.
Monastir présente un beau coup d'œil. C'est une ville située dans une vallée, derrière une côte de 1248 mètres d'altitude. On peut voir quelques arbres dans les environs,
ce qui est très rare en Macédoine. La ville n'a pas souffert de la guerre mais la vie y est excessivement chère: le pain coûte 10 F le kilo, les saucisses également, aussi les habitants viennent
mendier nos restes.
Ma chambre à coucher est installée dans une mosquée où les tapis et divans ne manquent pas. Dans une chambre à côté il y a le caveau d'un Marabout, mais on nous défend
d'y pénétrer. Les gens paraissent assez civilisés et les toilettes à l'européenne ne manquent pas. Les Bulgares se retranchent sur les hauteurs commandant la ville et le bombardement commence le
lendemain de notre entrée. Les obus tombent de partout et plus nombreux de jour en jour si bien que nos officiers obtiennent l'ordre de nous replier. Le 25 à 10 heures nous quittons la ville de
Monastir pour aller loger au monastère de Kristofor à 6 kms en arrière.
Je ne suis pas faché de cette décision car il est préférable d'être loin du danger. Au monastère de Kristofor, nous sommes très mal logés. C'est un bâtiment qui a été
démoli en partie par les Bulgares. Les planchers branlent si bien qu'on se demande si l'on ne va pas passer au travers. Ce bâtiment est situé dans un bouquet d'arbres qui nous masque complètement
des vues la nuit. Nos troupes se fortifient en avant de Monastir. Ma division occupe le secteur de la plaine. De mon habitation je domine toute la plaine de Monastir jusqu'à Prilep en avant et
jusqu'à la Cerna à ma droite. Tout près de là il y a une source d'eau minérale et je vais en me promenant en chercher un bidon.
Pendant mon séjour j'assiste à la destruction d'un ballon captif par un avion boche. Les Bulgares ne nous bombardent pas mais bombardent notre centre de
ravitaillement qui se trouve en arrière de nous.
Le réveillon se passe d'assez bonne façon avec mes amis Mahé, Séasal et Lafond. Nous sommes relevés par la 11ème division coloniale et le 31 Décembre nous quittons
Kristofor pour aller à Bukovo, village situé à 3 kms en avant et sur la gauche. L'état-major s'installe dans un coin du village où il y a les plus belles maisons. Pour nous cinq, nous avons une
petite chambre épatante avec un bon poële. Nicolas, le fils de la maison, a la charge de l'entretien du feu. Cette famille de macédoniens est composée de la mère, de Nicolas âgé de 17 ans
environ, Linka fillette chétive d'une dizaine d'années et Quito fillette de 8 ans environ. Ils sont tous quatre tout-à-fait gentils pour nous.
C'est ici que s'achève le premier carnet. J'ai tout recopié sans changer un mot, même si tout n'est pas "politiquement correct". Je regrette de ne pas avoir la suite. Place aux
photos.